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Kabila, Tshisekedi, Kamerhe, Kengo dans le peloton de tête

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Le Potentiel - 17 novembre 2011

Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe, Kengo wa Dondo, Nzanga Mobutu, Mbusa Myamwisi
Plus que 10 jours et la campagne électorale aura vécu. Cependant, sur les 11 candidats ayant pris le départ le 28 octobre pour la course présidentielle 2011, quatre sortent du lot, au regard du train-train de la campagne électorale. Il s'agit de Joseph Kabila Kabange pour la Mouvance présidentielle, Etienne Tshiekedi, président national de l'UDPS, candidat de l'Opposition, Vital Kamerhe, président national de l'Union pour la nation congolaise, UNC, et Léon Kengo wa Dondo, président national de l'Union des forces du changement, UFC, tous deux également candidats de l'Opposition. C'est le peloton de tête. Et les autres ?...

La campagne électorale tire vers sa fin. Plus que 10 jours pour faire le tour de la RDC et boucler la boucle. 10 jours d'intenses activités et de dur labeur. Mais il faut faire avec et tenir le coup jusqu'au dernier moment.

En attendant, le groupe des présidentiables est en train de disloquer. Il y a déjà le peloton de tête, celui qui et constitué de ceux qui ont pris un départ fulgurant dès le premier jour et s'emploient sans relâche à creuser l'écart, à ratisser large pour réunir le plus grand nombre de voix. Il s'agit de Joseph Kabila Kabange, président en exercice, candidat de la Mouvance présidentielle.

Dans le même groupe, on retrouve Etienne Tshisekedi, président national de l'Union pour la démocratie et le progrès social, UDPS, Vital Kamerhe, président national de l'Union pour la nation congolaise, UNC et Kengo wa Dondo, président national de l'Union des forces du changement, UFC. Tous trois sont des candidats de l'Opposition.

Ce sont là les quatre présidentiables qui sortent du lot et font partie du peloton de tête. C'est le quarté de cette campagne électorale avec cette chance de disputer le sprint final, celui-là qui va les départager. En d'autres termes, ce sont les favoris de cette élection présidentielle. Mais un seul d'entre les quatre occupera le fauteuil présidentiel.

Que sont devenus les 7 autres candidats ? A 10 jours de la fin de la campagne électorale, ils ne se sont pas encore manifestés de façon remarquable ou pas du tout. L'indépendant Andeka Djamba, du moins à Kinshasa, est quasiment invisible. Ce n'est qu'à de très rares occasions que l'on peut rencontrer son cortège.

Le candidat Kakese est resté présent dans les médias et un meeting au terrain municipal de Masina. Sur le terrain, les cris de ses sympathisants sont presqu'inaudibles. Toutefois, il y croit dur comme fer qu'il sera élu.

Le candidat Nzanga Mobutu a promis des «surprises». Certes, il ne s'est pas jeté à l'eau au même moment que tout le monde, du moins, à l'image des quatre candidats du peloton de tête. A chacun sa stratégie, dit-il. Il entend mettre les bouchées doubles pour un sprint fulgurant.

De son côté, le candidat indépendant Adam Bombole n'a fait que des apparitions sporadiques. L'on s'attendait à un coup d'éclat, de sa part, à Kinshasa où il accuse une certaine notoriété publique, mais sa campagne électorale est jusque-là sans impact visible. Seules ses affiches de candidat à la députation nationale sont visibles.

Silence du côté du candidat Oscar Kashala, contrairement à sa campagne tambour battant de 2006. Silence interprété en sens divers dans plusieurs milieux politiques comme un reniement, d'un côté, et un ralliement à l'autre camp. Il en est de même de Mbusa Nyamwisi qui s'était déjà prononcé pour le soutien à Etienne Tshisekedi dans l'hypothèse d'un consensus. Il pourrait orienter le choix de ses nombreux sympathisants. Quant au candidat Mukendi, il est jusqu'ici passé inaperçu, certainement effacé par le poids politique de ses adversaires.

Morosité et insuffisance financière

A dix jours de la fin de la campagne électorale, l'ambiance est toujours morose. Certes, le candidat de la Mouvance présidentielle la mène tambour battant depuis le début. Il est visible sur le terrain, tant physiquement que par cette stratégie médiatique, défendant son bilan et énonçant des projections pour l'avenir. Président en exercice de la République, on l'accuse d'user de ses prérogatives pour disposer des facilités de campagne électorale, allant jusqu'à crier à la violation de la Loi électorale.

Qu'à cela ne tienne. En attendant que ceux qui se sentent lésés saisissent la Cour suprême de justice, comme l'a conseillé la CENI, le candidat Kabila continue à survoler cette campagne électorale du point de vue médiatique.

Mais les candidats de l'Opposition sont en train d'effectuer une montée spectaculaire. Déjà, dès le premier jour, le candidat Vital Kamerhe a effectué une sortie médiatique réussie. Et depuis, il sillonne les principales villes du pays pour battre campagne, prônant l'alternance.

La compétition est en train de prendre une nouvelle dimension avec l'entrée fracassante d'Etienne Tshisekedi, président de l'UDPS. L'ambiance électorale est montée d'un cran depuis son arrivée à Kisangani. Par ces temps qui courent, les différentes directions de campagne électorale sont en train de revoir leurs calculs. Car, avec le «Lion» de Limete, rien n'est gagné à l'avance, surtout que cette élection est déterminante tant pour que pour son parti, l'UDPS, acquis au changement.

Enfin, en ce qui concerne le quarté de cette campagne électorale, Léon Kengo wa Dondo tient à tout prix à surprendre, jusqu'à briser un certain mythe. Après Kinshasa, il s'est rendu à l'Equateur, sa province de prédilection. Il a déjà séjourné à Mbandaka et compte se rendre successivement à Basankusu, Boende, Lisala, Bumba, Gbadolite et Gemena. Ses thèmes de discours électoral sont la restauration de l'autorité de l'Etat, la relance de l'économie, l'agriculture priorité des priorités, l'éducation pour tous ainsi que la coopération régionale et internationale, dans la perspective de gouverner autrement.

Malgré ces faits spectaculaires, ce n'est pas encore l'ambiance à l'américaine ou à la brésilienne. Peut-être la verra-t-on vers les derniers jours. Mais en attendant, c'est comme si la campagne électorale venait à peine de commencer et que l'on s'observait.

La raison est simple : l'état des lieux de la Nation caractérisé par une économie en turbulence. Donc, une insuffisance de moyens financiers pendant que la population broie du noir, incapable de suivre les «carnavals» motorisés ni de participer aux réjouissances circonstancielles face à cette crise sociale qui la broie.

Insuffisance financière, telle cette image projetée par différents candidats à la présidentielle. Il n'y a pas eu de «folie» comme on s'y attendait, mais une attitude prudente dans la mise en place des directions de campagne pour mieux contrôler le menu budget de la campagne électorale. Entreprendre une campagne électorale pendant un mois dans un pays aussi vaste qu'est la RDC, il faut avoir des reins solides, disposer de plusieurs ressources, même les plus obscures et asseoir cette campagne sur une organisation bien préparée.

Il est vrai que de nombreux candidats à la présidentielle, même aux législatives, sont butés à ce problème d'argent, la maigreur des libéralités en témoigne, et ont versé dans l'improvisation. Ils ont cru à la manne du ciel, à une hypothétique alliance, et les voilà gros Jean comme devant. Ajouter à cela l'absence de débats sur des questions nationales et internationales, l'on ne pouvait chasser la morosité.

De ce qui précède, il y a une vérité qui se précise : la classe politique congolaise n'a pas encore pris conscience des exigences de la gestion d'un pays, de l'importance d'une élection. Or, toute élection étant un moment crucial de l'existence d'un pays, du parcours politique de tout candidat, la morosité n'aurait pas existé. L'on devrait plutôt assister à une effervescence qui précède toujours un événement heureux. Soit.

Puisque les dés ne sont pas encore jetés. Qu'il reste dix jours imprévisibles, il y a lieu de prendre son mal en patience. Surtout que la partie est en train de se jouer, pour la présidentielle 2011, entre les candidats Joseph Kabila, Etienne Tshisekedi, Vital Kamerhe et Léon Kengo wa Dondo.


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