Congo Planète
Accueil Newsletter Podcasts Facebook Twitter Mobile RSS
Rechercher Congo Planete
Tshisekedi-Kengo-Kamerhe: des intérêts divergents

Article précédant | Suivant

Le Potentiel - 6 octobre 2011

Etienne Tshisekedi et Vital Kamerhe
Les négociations se poursuivent autour de la désignation d’un candidat commun au sein de l’Opposition. Elles seraient même très avancées. Preuve : ces rencontres de Bruxelles, de La Haye et de Washington. Mais l’énigme demeure la distribution des cartes dans l’hypothèse d’un consensus. En plus de leurs divergences sur le plan d’idéologie politique.

Changement de décor dans le camp de l’Opposition. Les «poids lourds» de l’Opposition séjournent actuellement à l’étranger. Outre qu’ils ont décidé d’améliorer leur image vis-à-vis de nos partenaires extérieurs, ils ont saisi cette opportunité pour tenter d’obtenir ce qu’ils n’ont pas pu avoir à Kinshasa. C’est-à-dire, poursuivre les entretiens et les négociations en vue de parvenir à un consensus autour d’une candidature commune à l’élection présidentielle 2011

D’où ces rencontres de Bruxelles, de La Haye et de Washington. En effet, Etienne Tshisekedi a rencontré successivement Thomas Lubanga de l’UPC, Jean-Pierre Bemba du MLC, Kengo wa Dondo de l’UFC. Il a été principalement question d’une candidature commune de l’Opposition à la présidentielle 2011. Etienne Tshisekedi s’est ensuite envolé pour Washington où il devrait rencontrer Vital Kamerhe, cette autre figure de proue de l’Opposition et également candidat à la présidentielle 2011. Mêmes entretiens pour le même objectif.

L’on signale aussi la présence en Occident de Mbusa Nyamwisi, président national du RCD–KML, un autre candidat à l’élection présidentielle. On dit de lui qu’il s’est auto-proclamé «modérateur» pour concilier les ambitions des uns et des autres de manière à parvenir effectivement à la désignation d’un candidat commun de l’Opposition à la prochaine élection présidentielle.

La distribution des cartes

De l’avis de certains observateurs, les négociations sont très avancées. Bien plus, ils demeurent optimistes et convaincus qu’à quelques heures de la clôture de la campagne électorale, toute surprise, surtout agréable, n’est pas à écarter. Tant mieux.

Toujours est-il que le chemin à parcourir pour parvenir justement à un consensus est parsemé d’épines et jonché d’embûches. En effet, sur les 10 candidats de l’Opposition qui ont été retenus, trois émergent du lot. Il s’agit d’Etienne Tshisekedi wa Mulumba, président national de l’UDPS ; Léon Kengo wa Dondo, président national de l’Union des forces du changement, UFC, et Vital Kamerhe, président national de l’Union pour la nation congolaise, UNC. C’est de ce tiercé sortira le candidat commun, lequel sera opposé au candidat de la Majorité présidentielle, Joseph Kabila Kabange, président en exercice de la RDC, avec cette possibilité de rempiler.

C’est dire que de tous les calculs à envisager, l’Opposition, si elle maintenait ses intentions de disposer d’un «candidat commun» face à Kabila, choisir le candidat qui réunira toutes les chances de «battre» le président sortant. Si tel n’était pas le cas, il faudrait se résoudre de prendre son mal en patience, en laissant évoluer chaque candidat de son côté, jusqu’au verdict des urnes.

Mais dans l’hypothèse d’un consensus autour d’un candidat commun, il faudra se mettre d’accord sur la répartition ou partage des rôles, des postes. Des accords doivent être signés et qui porteraient sur plusieurs cas de figure en fonction du vote des députés nationaux. Des cas de figure suivants sont possibles :

A.- Tshisekedi président, Kengo Premier ministre. Un ticket possible. Mais que deviendrait Vital Kamerhe ? Il aurait le choix entre la présidence de l’Assemblée nationale ou du Sénat.

B- Tshisekedi président, Kamerhe Premier ministre. Une autre possibilité. Dans l’entourage proche de l’UNC, l’on affirme que cette éventualité aurait été évoquée dernièrement. Peu avant de se rendre à Washington, Tshisekedi aurait eu un long entretien téléphonique avec son interlocuteur pour que lui revienne le fauteuil de président de la République et à Kamerhe celui de Premier ministre. Mais quel poste qui reviendrait alors à Kengo ? Il n’aurait le choix que pour le Sénat.

C.- Kengo président, Tshisekedi Premier ministre. Un ticket quasi impossible quand on sait, et jusqu’à preuve du contraire, que Tshisekedi ne vise que la présidence de la République. En ce qui concerne Kamerhe, il aurait encore le choix entre la présidence de l’Assemblée nationale ou du Sénat.

D.- Kengo président, Kamerhe Premier ministre. Un ticket possible. Mais il ne rencontrera pas l’approbation du président national de l’UDPS, Etienne Tshisekedi. Seule la présidence compte en vue du couronnement de ses trente ans de parcours politique. Et pourtant, certains observateurs n’excluent pas de le voir président du Sénat, comme cela lui avait été proposé aux ultimes moments du Dialogue inter congolais qui s’était tenu à Sun City, en Afrique du Sud.

Divergences idéologiques

Seulement voilà. Tout pourrait se compliquer avec les ambitions de l’un ou l’autre candidat.

En effet, dans toutes ses déclarations, Etienne Tshisekedi est suffisamment clair. Seule la présidence de la République l’intéresse pour couronner ainsi ses 30 ans de parcours politique, d’éternel opposant. Il l’a redit et souligné dans l’interview qu’il a accordée dernièrement à Colette Braeckman. Le temps de «Premier ministre de la CNS » est révolu. Il négocie avec ses collègues pour qu’ils comprennent le bien-fondé de sa démarche et se joignent à lui.

Deuxième obstacle à surmonter, le clan Kamerhe. Il place la barre très haut et estime que si cela ne marche pas, l’alternance serait possible même sans union, dans une déclaration faite à RFI. Guillaume Bonga de l’UNC/Kivu en rajoute : «Ses supporters auront beaucoup du mal à accepter que Vital Kamerhe se désiste en faveur de Tshisekedi. Jusqu’à présent, j’insiste que Kamerhe est le candidat président de la République pour le Sud-Kivu. En 2006, on s’est laissé tromper parce que c’est lui qui est venu nous présenter Monsieur Kabila ici comme candidat. Et s’il nous vient le lendemain avec quelqu’un d’autre, ça ne sera pas facile que ça puisse passer. Quoiqu’il en soit, si la discussion de Washington aboutit à un désistement, il faudra que Kamerhe en ressorte avec l’assurance d’être le vrai patron. Qu’il soit le chef de l’Exécutif et avec un pouvoir réel. Un véritable chef du gouvernement».

Toutes ces combinaisons sont fonction du nombre de députés nationaux. Plus on les aligne, mieux cela vaudrait pour faire monter les enchères. Or, dans l’hypothèse où les trois candidat seraient à égalité du nombre de députés nationaux, l’on assistera à une nouvelle étape de négociations de plus en plus cruciales tant les intentions de tous les candidats, celui de la Majorité présidentielle y compris, sont encore insondables à ce niveau. Avec ce spectre d’un «gouvernement d’union nationale».

Mais là où l’équation devient difficile, c’est que les trois personnalités ne partagent pas les mêmes convictions politiques. Tshisekedi est un socio-démocratique, versé vers l’économie sociale du marché. Kengo demeure un libéral avec l’initiative privée comme moteur du progrès. Tandis que Kamerhe se présente comme un élève assidu du Brésilien Lula, socialisant tourné vers la recherche appliquée partant des possibilités nationales. Il va de soi que les intérêts ne sont pas les mêmes tout comme les partenaires qui pourraient les soutenir.

Enfin, dernier obstacle : la «consigne polie» de Jean-Pierre Bemba. Nulle part, dans son message signé par son Conseil, Me Aimé Kilo Musamba, depuis La Haye (Pays-Bas), il ne donne des consignes précises en faveur de tel ou tel autre candidat. Bien au contraire, il propose la tenue, mieux l’élection des «grands électeurs» de l’Opposition, c’est-à-dire les «principaux leaders» de différentes formations politiques de l’Opposition pour désigner le «candidat commun». Une formule déjà préconisée par l’aile Sultani de l’Opposition. C’est ce candidat que le président national du MLC soutiendra, quel qu’il soit.

Ceci dit, l’Opposition n’est pas encore au bout de ses cogitations. Difficile s’annonce donc le partage des rôles.

mukalayi8 oct. 2011 09:55
Un point de ton article est à clarifier. L'honorable Vital Kamerhe est un économiste. Si son modèle dont il s'inspire est Lula, il n'en demeure pas moins qu'il est un pragmatique neolibéral. Pour Vital Kamerhe l'état doit se gérer comme une firme. Il faut lire son livre pour vraiment catégoriser Vital Kamerhe. Nous affirmons que au-delà de toutes les tractations, Vital Kamerhe reste le seul candidat qui a imposé un style, un nouveau style de faire de la politique au congo. il parle de sa vision, de son projet avec aisance. Il touche les coeurs, mobilise, crée des ponts, tend la main, va vers les notables et avec élégance et tac. Merci Vital, tu es vital pour le congo. Vital Kamerhe fait honeur à tous ses profs et à la formation congolaise. Nous sommes capables si les médiocres nous donnent l'occasion de démontrer notre savoir faire.
CommunauteInternationale6 oct. 2011 10:34
Mais ils se pertubent pour rien pourtant il ya une solution dont: Le partage des ministeres en Ordre croissant, du premier au dernier. Si le congo a 33 ministeres, que:1.Tshisekedi president et son parti,droit a 4 places de ministere de son choix et 4 gouverneurs a placer dans les provinces de son choix.2.Vital kamerhe premier ministre et son parti,7 places de ministere de son choix et 4 gouverneurs a placer.3.Kengo president du senat et son parti,12 places de ministere de son choix et 3 gouverneurs a placer.4.Le MLC prendra la presidence de l'assemblee national.5.Le reste de ministere sera distribuer au parti qui sont deriere l'Opposition. Voila pour mettre fin a cette crise de poste. et je conseillerai a Tshisekedi de prendre le ministere de la defense,finance,interieur et exterieur; pour les gouverneurs de provinces, je le conseillerai a prendre Kinshasa,le kasai oriental,le Nordkivu,et le Katanga.Un total partage du pouvoir !

Autres articles


  1. « La corruption gangrène tous les secteurs économiques de la RDC » (16 mai 2013)
  2. Etienne Tshisekedi projette un meeting à Kinshasa (13 mars 2013)
  3. Kabila, Dos Santos et Zuma réfléchissent sur « une application avec succès » de l'accord d'Addis-Abeba (12 mars 2013)
  4. Une force de maintien de la paix de la SADC « autorisée à combattre » les rebelles en RDC (9 février 2013)
  5. La Cour suprême de justice valide l'élection des gouverneurs du Bas-Congo et de la Province Orientale (3 janvier 2013)
  6. Les évêques catholiques de la RDC appellent à la cohésion nationale contre le M23 (8 décembre 2012)
  7. L'Udemo de Nzanga Mobutu appelle le gouvernement à démissionner (29 novembre 2012)
  8. L'opposant Jean-Claude Vuemba juge «inadmissible» que le gouvernement négocie avec le M23 (26 novembre 2012)
  9. Kabila doit « casser autour de lui, au-delà du déclic Amisi Tango Four » (24 novembre 2012)
  10. La ville de Goma toujours sous contrôle des FARDC, assure Julien Paluku (18 novembre 2012)
  11. François Hollande: «Je viens pour écrire avec l'Afrique une nouvelle page» (12 octobre 2012)
  12. Une plate-forme politique accuse Joseph Kabila d'«innocenter» le Rwanda à l'Onu (30 septembre 2012)
  13. Shabani, Diomi, Lumbala: l'opposition politique en débandade (25 septembre 2012)
  14. Les Etats-Unis coupent leur aide militaire au Rwanda à cause de son soutien aux rebelles en RDC (21 juillet 2012)
  15. Kinshasa-Kigali: les dessous de l'accord d'Addis-Abeba (16 juillet 2012)
  16. Monsieur Kabila, faites votre travail (13 juillet 2012)
  17. Budget 2012: pas de traces des recettes du pétrole et des mines (19 juin 2012)
  18. Human Rights Watch: Le Rwanda doit cesser d'aider le criminel de guerre présumé Bosco Ntaganda (4 juin 2012)
  19. Opinion: Il faut en finir avec l'insécurité à l'Est du Congo (3 juin 2012)
  20. Vital Kamerhe appelle à l'union de l'opposition congolaise (25 mai 2012)
  21. Joseph Kabila nomme les membres du gouvernement Matata (30 avril 2012)
  22. Augustin Matata Ponyo nommé Premier ministre (18 avril 2012)
  23. Toutes les unités déployées au Sud-Kivu relèveront désormais d'un seul commandement (13 avril 2012)
  24. Aubin Minaku élu président du bureau de l'Assemblée nationale (13 avril 2012)
  25. Joseph Kabila: «Bosco Ntaganda peut être arrêté et jugé au Nord-Kivu ou n'importe où en RDC» (12 avril 2012)
  26. Mise au point sur le message de Joseph Kabila sur la situation sécuritaire au Nord-Kivu (12 avril 2012)
  27. Tête à tête Joseph Kabila et les officiers militaires du Nord et Sud Kivu (10 avril 2012)
  28. Insécurité aux Kivu: Joseph Kabila, Didier Etumba et Roger Meece à Goma (10 avril 2012)
  29. Joseph Kabila en visite à Goma (9 avril 2012)
  30. L'UDPS lance un ultimatum à ses députés (26 mars 2012)


TV Congo Radio en ligne Radio en direct

 

Faites Congo Planète votre page de démarrage | Nous contacter | Qui nous sommes | English Edition | Version en Anglais

© 2013 CongoPlanete.com. Tous droits réservés.