![]() |
On ne savait toujours pas aussi, alors qu’on attendait la signature d’un cessez-le-feu, si les négociateurs avaient pu évacuer les « deux difficultés » ayant bloqué la première phase des travaux.
En l’absence du médiateur onusien Olusegun Obasanjo « pour des raisons familiales », le facilitateur adjoint, l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa, a procédé jeudi à Nairobi à la reprise des négociations entre le gouvernement et le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).
A l’ordre du jour, ont été inscrites la communication du programme de la journée et l’harmonisation des textes laissés en souffrance lors du 1er round, notamment l’objet des négociations.
Selon radiookapi.net, chacune des parties a pu travailler en aparté avec un des substituts de Obasanjo, le général kenyan Lazaro. « Mais, la délégation gouvernementale a demandé à la facilitation de s’assurer que le CNDP a bien en tête le cadre fixé par le mandat de la facilitation, c’est-à-dire la résolution d’une crise sécuritaire et humanitaire dans le Nord Kivu, et non une crise politique globale. C’est l’objet du débat en aparté en fin de matinée entre le CNDP et la facilitation », rapporte la radio onusienne.
On attendait dans la soirée la signature du cessez-le-feu par les deux parties, après l’approbation du texte en plénière de la première mouture par les deux parties.
En effet, lors de leur rencontre à Kiwanja, Obasanjo avait demandé à Nkunda la « mise en oeuvre d’un cessez-le-feu durable », alors que le CNDP s’était engagé à l’« ouverture et au respect de corridors pour permettre l’accès à l’aide humanitaire ».
Ensuite les deux personnalités avaient décidé de la « création d’un mécanisme de vérification tripartite comprenant un représentant des FARDC, du CNDP et une troisième partie acceptée » par les deux protagonistes.
A l’analyse, les négociations entre le gouvernement et le CNDP ont peu de chances d’aboutir rapidement, leurs émissaires n’ayant pas encore réussi à surmonter « deux difficultés » épinglées la semaine écoulée par le médiateur Olusegun Obasanjo. Il s’agit de la « volonté de la rébellion d’élargir la discussion à la situation globale de la RDC et non pas simplement de se cantonner au conflit au Nord-Kivu » et de « l’absence de pouvoir de décision de la délégation rebelle aux pourparlers ».
Optimiste, Obasanjo avait annoncé pour « avant Noël, le démarrage des discussions sur le fond ». Sans le déterminer. Or, c’est sur ce « fond » que les positions divergent. Dans l’entendement de Kinshasa, il est question de discuter sur « la résolution de la crise sécuritaire et humanitaire au Nord-Kivu ». Obasanjo ayant, lui-même, déclaré avoir reçu de l’Onu le « mandat de faciliter la résolution de la crise dans l’Est de la RDC ».
Le CNDP, lui, émet sur une autre longueur d’ondes. Et ses huit revendications, transmises à Kiwanja (Nord-Kivu) au médiateur onusien, en font foi.
Sept nouvelles revendications
A sa demande de « négociations directes avec le gouvernement » à laquelle Kinshasa a répondu positivement, le général déchu Laurent Nkunda en a ajouté sept autres.
Il exige aussi la « renégociation de tous les contrats signés par le gouvernement congolais avec des entreprises chinoises », la cessation de « toute forme de coopération des forces gouvernementales avec les rebelles hutu rwandais des FDLR », la « protection pour toutes les minorités ethniques de la RDC », l’« intégration des combattants du CNDP au sein des FARDC » ainsi que l’« intégration au sein de l’administration du gouvernement des policiers et fonctionnaires travaillant actuellement en territoire rebelle » et la « promotion de la bonne gouvernance ».
Pour lui-même, Nkunda réclame « un travail dans l’armée quand toutes les demandes du CNDP auront été satisfaites ».