Le gouverneur de la ville de Kinshasa, l'amiral Liwanga, annonce que désormais toute attaque armée contre la police sera considérée comme une insurrection à mater par l´armée. Celui-ci réagissait contre l´incendie de la cour suprême de justice. Il dit en outre attirer l´attention de tous ceux qui jouent avec le feu que ces incidents sont les derniers à se produire dans la capitale, rapporte radiookapi.net
C'est au cours d'un point de presse tenu mardi soir dans son cabinet que l'amiral Liwanga a déclaré qu'il considère que ce genre de situation équivaut à une insurrection et a promis des mesures plus sévères. De plus, il en appelle à la MONUC et à l'Eufor pour procéder au désarmement de ces éléments dans les meilleurs délais.
« Je prends solennellement à témoin la communauté nationale et internationale présente à Kinshasa, a déclaré l'amiral Liwanga, et j'attire l'attention de tous ceux qui jouent avec le feu en provocant ce genre de situation que ces graves et nouveaux incidents doivent être les derniers à se produire dans la capitale. Car, a-t-il expliqué, nous n'allons plus laisser la population être constamment prise en otage par quelques individus mal intentionnés. Nous invitons la Monuc et l'Eufor, a poursuivi le gouverneur de la ville, à procéder sans tarder au désarmement de tous ces éléments qui utilisent leurs armes dans la ville contre la population innocente. En cas de récidive, ce n'est plus la police nationale qui interviendra, mais bien les unités des forces armées de la RDC car l'usage des armes de guerre au sein de la foule contre les forces de l'ordre en mission équivaut en réalité à une insurrection armée ou à une rébellion », a conclu le numéro un de la ville de Kinshasa.
Par la même occasion, le gouverneur de la ville a exhorté la population de Kinshasa à vaquer librement à ses occupations.
Quant au ministre de l´intérieur, le général Denis Kalume, il annonce que les auteurs de ces actes qu'il qualifie de crime seront trouvés et sanctionnés, et que la cour suprême ainsi que certains autres sites importants de la capitale seront désormais gardés par des militaires. « Personne ne peut être au dessus de la loi », a-t-il affirmé. « Première chose. Deuxième chose, a poursuivi le général Denis Kalume, comme on a touché à l'institution quand même suprême qui représente l'Etat de droit, nous avons dit que maintenant il faut que nous mettions tous les instruments de la puissance publique en 'uvre pour défendre cette institution. C'est ainsi que l'armée a pris possession de ce sanctuaire, a-t-il expliqué.
« D'autres précautions, a continué le général Denis Kalume, nous sommes entrain d'en parler avec le vice-président [Jean-Pierre Bemba] pour essayer de détendre l'atmosphère. Comment faire pour éviter cette proximité, a-t-il éclairé, parce qu'à chaque fois c'est soit à proximité de ceci ou à proximité de cela, et chaque fois, malheureusement le vice président n'est pas au courant. Nous sommes en pourparlers avec le vice-président pour trouver des solutions et permettre l'atterrissage en douceur de ce processus », a fini le ministre de l'intérieur.
En parallèle à ces réactions, le MLC de Jean-Pierre Bemba condamne l´incendie de la cour suprême de justice. D´après Fidèle Babala, son parti attend beaucoup des décisions qui seront issues de cette cour. « Nous avons plutôt intérêt à ce que la cour travaille dans une atmosphère de sérénité parce que nous attendons beaucoup de la cour », a-t-il soutenu. « Le fait de dire que les militaires du MLC auraient fait le coup, je crois que c'est de la pure provocation. Mais j'ai vu distinctement, tout au début à 10h, que c'était la police qui a tiré », a affirmé Fidèle Babala.
Le directeur de cabinet de Jean-Pierre Bemba condamne également la décision des autorités de la ville de faire intervenir l´armée dans le domaine de travail de la police nationale. Selon lui, cela met à jour les intentions cachées derrière la nomination d'un militaire à la tête de la capitale alors que c'est contre la constitution.
Face à la décision du gouverneur de la ville de faire désarmer les hommes de Bemba par la Monuc et l'Eufor, Fidèle Babala répond que l'armée n'a rien fait pour protéger le vice-président Bemba bien qu'il ait été attaqué à plusieurs reprises. « Ce n'est pas maintenant qu'ils vont le faire pour désarmer les hommes qui ont été régulièrement affectés à sa garde », a-t-il ajouté. « Et nous protesterons de la manière la plus énergique contre ce genre de décisions », a terminé le directeur du cabinet de Jean-Pierre Bemba.