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Germain Katanga condamné à 12 ans de prison par la CPI

Radio Okapi | Publié le 23 mai 2014
Germain Katanga lors de l'audience tenue le 23 mai 2014 au siège de la Cour pénale internationale à La Haye, Pays-Bas © ICC-CPI
Germain Katanga lors de l'audience tenue le 23 mai 2014 au siège de la Cour pénale internationale à La Haye, Pays-Bas © ICC-CPI | Agrandir
La Cour pénale internationale (CPI) a condamné l’ex-milicien Germain Katanga à 12 ans de prison, ce vendredi 23 mai. Le milicien congolais a été retenu coupable de complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis lors du massacre du village de Bogoro dans l’est de la RDC en 2003.

Germain Katanga a été condamné à 12 ans de prison. Une « peine unique », a précisé le juge Bruno Cotte, qui a lu le verdict, ce vendredi 23 mai. Le juge a également précisé que le temps déjà passé en prison par l’ancien milicien congolais serait déduit de sa peine.

C’est à la faveur de la guerre que celui qui chassait l’okapi dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est devenu l’un des commandants de la Force de résistance patriotique de l’Ituri (FRPI). Soutenue par Kinshasa, la milice devait reprendre les territoires de l’Est tombés aux mains de groupes formés par l’Ouganda. Le 24 février 2003, le village de Bogoro subissait une attaque sanglante, pour laquelle Germain Katanga était inculpé en 2007. Au terme d’un procès fleuve de trois ans et l’audition de 57 témoins, le milicien a été reconnu coupable, le 7 mars 2014, de complicité de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre pour avoir fourni des armes aux miliciens. Il fut un « intermédiaire privilégié », selon les juges, même s’il n’avait pas le contrôle de la milice Ngiti, partie combattre les villageois Hemas de Bogoro.

Les ruines de Bogoro

« Bogoro n’a plus été que ruines », déclarait la procureure Fatou Bensouda devant la Cour, début mai, avant de requérir contre le milicien une peine « lourde et efficace » de 22 à 25 ans de prison. Au nom des 366 victimes représentées au procès, Fidèle Luvengika enchaînait : « A la douleur d’avoir perdu des proches, s’ajoutent les difficultés de retrouver un niveau de vie décent. » Au cours des prochains mois, les victimes pourront demander des réparations à la Cour. En attendant, maître Luvengika fustige le « rôle de bon élève » tenu par M. Katanga devant la Cour. Le « Lion de l’Ituri » avait déposé au cours de son procès, fournissant lui-même aux juges les éléments qui allaient le condamner. « J’ai changé ici, j’ai évolué, je suis maintenant un adulte », avait-il aussi déclaré.

« Qu’aurions-nous fait dans ces circonstances ? »

« Devait-il refuser ces armes, alors qu’il vivait dans un pays sans force militaire, sans force de police ? », demandait au cours de cette audience son avocat, David Hooper. Les armes avaient été fournies par Kinshasa et distribuées à la milice par Germain Katanga. « Qui étais-je pour empêcher le chef de l’Etat de faire son devoir envers son pays ? », a interrogé à son tour l’ex-milicien. C’est au bénéfice de sa jeunesse à l’époque des crimes que le coupable espère aussi la clémence des juges. « A 24 ans, on peut vous présenter des mensonges, des belles théories, déclarait son avocat, mais nous, qu’aurions-nous fait dans ces circonstances ? », demandait-il aux juges. Pour le procureur, la guerre de Germain Katanga a été un choix. Il a « choisi son destin », assurait Eric McDonald. « La majorité des habitants de l’Ituri ne font pas partie de milices », rétorquait-il, cinglant.

Impunité des chefs

« Il y avait d’autres cibles, de plus gros poissons. Du fait des enquêtes bâclées, ils ne sont pas venus ici, devant cette Cour », contre-attaquait maître Hooper. « Si la majorité des juges m’a reconnu coupable de complicité, qu’attend le procureur pour traduire en justice l’auteur principal ? » demandait M. Katanga. Le procureur a ouvert son enquête sur les crimes commis en RDC en 2004. Seuls des commandants de milices ont été poursuivis. Les responsables à Kinshasa, Kigali et Kampala, qui se livrent depuis quinze ans une guerre par milices interposées pour s’emparer des richesses de l’Est congolais, n’ont, à ce jour, toujours pas été inquiétés par la Cour.



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