Dans une déclaration rendue publique vendredi, le secrétaire général des Nations Unies recommande une rencontre entre le président Joseph Kabila et le vice-président Jean-Pierre Bemba. Cela, en vue d'atténuer les tensions survenues à Kinshasa après la publication des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Les camps de deux challengers sont d'accord sur le principe, constate radiookapi.net
Le président Joseph Kabila préconise une rencontre espace présidentiel Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT), a indiqué Vital Kamerhe, secrétaire général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie). Au cours de cette réunion, le président de la République et le vice-président Jean-Pierre Bemba donneront chacun sa lecture des faits, avant de tirer des leçons pour l'avenir, a expliqué le secrétaire général du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie). « Je crois qu'il ne faut pas amener cela dans une sorte de dialogue entre deux personnes. Nous sommes dans un pays, un problème est survenu, il y a un président et quatre vice-présidents de la République. Donc, les instances pour régler le problème sont connues, nous restons dans la Constitution et dans l'Accord global et inclusif », a-t-il commenté. D'après Vital Kamerhe, instruit par le chef de l'Etat, le secrétaire du gouvernement a déjà commencé à prendre contact avec les quatre vice-présidents et le CIAT. «Si l'agenda de tout le monde le permet, la réunion peut même avoir lieu ce samedi», a souligné le secrétaire général du PPRD.
Du côté du MLC (Mouvement de Libération du Congo), on se déclare également prêt pour une rencontre avec le camp présidentiel. Le parti de Jean-Pierre Bemba estime cependant que cette rencontre devrait être réduite aux deux camps en conflit, et sous l'arbitrage du chef de la Monuc, William Swing. «Une telle rencontre devrait même pouvoir s'organiser sans qu'il soit nécessaire de faire intervenir l'étranger. Ce qui est à l'ordre du jour, c'est plutôt une réunion au niveau des cadres politiques de deux côtés, de manière à ce que nous puissions échanger par rapport à nos cahiers de charges respectifs sous l'égide de la Monuc, notamment de M. Swing», a déclaré à ce propos François Muamba, secrétaire général du MLC. Il a soutenu que les forces du camp présidentiel ont attenté à la vie du vice-président Jean-Pierre Bemba, et que la question de savoir les mobiles de cet attentat devrait être vidée avant tout autre chose.
Derniers événements de Kinshasa: le CIAT réagit
Par ailleurs, le Comité international d'accompagnement de la transition (CIAT) a réagi par rapport aux événements survenus les 20, 21 et 22 août dernier à Kinshasa. Dans une Déclaration diffusée vendredi à cet effet, cette institution condamne sans réserve ces affrontements. Il Soutient l'interdiction de la circulation d'hommes en armes sur la voie publique en dehors des missions officielles et rappelle que seule la Police nationale est chargée de la sécurité et de l'ordre public. Concernant les élections, le CIAT affirme qu'aucun candidat ne peut tenter, par les armes, de nier la volonté populaire. Il réitère son souhait de voir les deux candidats au second tour de la présidentielle se rencontrer dans les meilleurs délais. Pour le Comité international d'accompagnement de la transition, la seule voie pour la sécurité, la paix et la reconstruction du pays, passe par les urnes et non par les armes. Le CIAT invite en outre tous les candidats et partis politiques au respect de la loi électorale pour le règlement de tout contentieux. Aux médias, la même institution lance une mise en garde solennelle contre tout discours de haine et d'incitation à la violence. A ce propos, le CIAT invite la Haute autorité des médias (HAM) à suspendre des médias qui diffuseraient ce genre de messages et souhaite que le parquet général et toutes les institutions compétentes contribuent au respect des décisions de cette institution d'appui à la démocratie. Par ailleurs, le CIAT rappelle, concernant la gestion du pays pendant cette période électorale, que les institutions du pays doivent continuer à fonctionner, notamment à travers la tenue de Conseils des ministres. Enfin, le CIAT rappelle sa demande de réunions hebdomadaires avec l'Espace présidentiel jusqu'à la fin de la transition, afin de s'assurer, en particulier, que les engagements pris de part et d'autre seront respectés et que les éventuels différends se règlent par la négociation pacifique.
Le Comité international d'accompagnement de la transition est composé des cinq pays membres permanents du Conseil de Sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie), de la Belgique, du Canada, de l'Afrique du Sud, de l'Angola, du Gabon, de la Zambie, de l'Union européenne (Commission et Présidence), de l'Union africaine (Commission et Présidence) et de la MONUC